Votre genou tire un peu avant la sortie, et la question s'impose : faut-il strapper ou pas ? Et surtout, comment s'y prendre sans brider le mouvement ni risquer d'aggraver la douleur ? Le strapping est une technique accessible à tous les sportifs, à condition de maîtriser quelques gestes clés. Avec la bonne méthode, 5 minutes suffisent pour un maintien solide qui vous accompagne tout au long de l'effort.
TL;DR : Cet article en bref
- Le strapping stabilise le genou par une contention souple, sans bloquer la mobilité contrairement à une attelle rigide.
- 5 étapes pour une pose efficace : ancrage sous la rotule, croix interne, croix externe, verrouillage, ancrage supérieur.
- Posez le strapping 15 à 30 minutes avant l'effort sur peau sèche, et retirez-le dans les 2h après la séance.
Qu'est-ce que le strapping du genou ?
Le strapping du genou est une technique de contention souple qui utilise des bandes adhésives pour soutenir l'articulation sans l'immobiliser totalement. Contrairement à une attelle rigide, il préserve une amplitude de mouvement suffisante pour courir, pivoter ou enchaîner les appuis, tout en limitant les gestes susceptibles d'aggraver une lésion existante. C'est précisément ce mélange de liberté et de protection qui en fait un outil précieux.
À l'origine réservée aux kinésithérapeutes et aux sportifs de haut niveau, cette technique s'est progressivement démocratisée. Aujourd'hui, coureurs amateurs, footballeurs et basketteurs l'utilisent en autonomie pour protéger un genou fragilisé avant une sortie ou un match. À condition, bien sûr, d'avoir appris les bons gestes, ce que nous allons vous expliquer ici, étape par étape.
Un strapping efficace ne doit provoquer aucun fourmillement ni sensation de serrement. Si un inconfort apparaît dans les premières minutes après la pose, découpez la bande et recommencez avec une tension plus légère : mieux vaut reprendre que souffrir pendant tout l'effort.
Quel matériel pour un bon strapping ?
Voici ce dont vous aurez besoin avant de commencer :
- Bandes élastiques cohésives (6 cm de large, 4 à 5 m de long)
- Ciseaux à bouts ronds (pour couper proprement sans risque d'entaille)
- Spray adhésif (optionnel, mais utile sur les zones très mobiles)
- Sous-couche protectrice en coton (indispensable si la peau est sensible ou si vous avez des poils denses)
Bandes élastiques ou rigides : que choisir ?
Les bandes élastiques conviennent à la prévention et aux blessures légères. Elles offrent un maintien souple qui accompagne le mouvement sans le contraindre : un coureur souhaitant protéger un genou capricieux lors d'une sortie tranquille optera naturellement pour ce type de bande.
Les bandes rigides s'imposent dès que l'instabilité devient plus marquée. Après un traumatisme ou lors d'une reprise sportive délicate, elles apportent un verrouillage ferme de l'articulation. En matière de santé et prévention, le choix du bon matériau conditionne directement l'efficacité de la contention.
Pourquoi et quand strapper son genou ?
Le strapping du genou remplit 3 fonctions complémentaires. D'abord, il soutient les structures ligamentaires et tendineuses en limitant les amplitudes articulaires dangereuses. Il améliore aussi la proprioception, c'est-à-dire la capacité du genou à se percevoir dans l'espace, ce qui réduit le risque de faux mouvement. C'est d'autant plus critique en course à pied ou dans les sports de pivot : football, basketball ou handball ne laissent aucune place à l'instabilité. Un genou bien maintenu, c'est une saison qui se termine sans mauvaise surprise.
Entorse, tendinite... dans quels cas précis ?
Le strapping est indiqué dans plusieurs situations courantes, à condition que la gravité reste compatible avec une simple contention articulaire :
- Entorse ligamentaire de grade 1 à 2 (LCA, LLI ou LLE partiellement atteints, sans rupture complète)
- Tendinite rotulienne légère à modérée (douleur sous la rotule en course ou à la montée des escaliers)
- Syndrome fémoro-patellaire (frottement douloureux de la rotule, fréquent chez les coureurs réguliers)
- Arthrose débutante (gêne mécanique sans épanchement articulaire important)
- Reprise sportive post-traumatique (genou fragilisé suite à une ancienne entorse ou une intervention chirurgicale)
Au-delà de ces cas, une consultation médicale s'impose avant d'envisager le strapping en autonomie.
À quel moment poser le strapping ?
Le moment idéal se situe entre 15 et 30 minutes avant l'effort, sur peau propre et parfaitement sèche. Retirez impérativement la contention dans les 2h qui suivent la fin de l'activité pour éviter toute macération. Si vos douleurs au genou en course persistent malgré le strapping, consultez rapidement un professionnel de santé.
Comment poser un strapping de genou : la technique pas à pas
Soyons honnêtes : les premières tentatives demandent de la patience. La position est inhabituelle, les bandes collent parfois trop tôt, et on a vite fait de serrer trop fort. Rassurez-vous, avec un peu d'entraînement, la pose devient fluide en 5 minutes chrono. La clé est de maintenir le genou légèrement fléchi à 20 à 30 degrés pendant toute l'application, jambe posée sur un support stable comme une chaise ou une marche d'escalier.
Nous vous recommandons de réaliser la pose une première fois avec un kinésithérapeute. Une seule séance suffit généralement pour valider votre technique et repartir en confiance, capable de vous strapper seul avant chaque entraînement.
Bien préparer la zone avant application
Une bonne préparation conditionne la tenue du strapping. Voici les gestes indispensables avant de poser la moindre bande :
- Nettoyer et sécher soigneusement la peau autour du genou
- Raser les poils si nécessaire (meilleure adhérence et retrait moins douloureux)
- Appliquer le spray adhésif sur la rotule et les faces latérales
- Poser la sous-couche en coton si la peau est réactive ou fragile
5 étapes pour un strapping solide et confortable
La technique repose sur un protocole en 5 temps, du premier ancrage jusqu'au verrouillage final :
- Ancrage horizontal sous la rotule (0% de tension, de gauche à droite, bande posée bien à plat)
- Bande en X sur la face interne (25% de tension, remontant vers la partie haute du genou pour soutenir le ligament latéral interne)
- Bande en X sur la face externe symétrique (25% de tension, même direction que l'étape 2)
- Tour de verrouillage encerclant l'articulation (50% de tension, bande passant autour de l'ensemble du genou)
- Ancrage final au-dessus de la rotule (0% de tension, parallèle au premier ancrage)
Quelques erreurs à éviter et points de vigilance...
Strapper trop serré. Le résultat se fait sentir immédiatement : fourmillements, peau qui blanchit, sensation d'étau autour de l'articulation. La bonne réaction est d'ôter la bande fautive et de recommencer avec une tension nettement réduite.
Oublier de fléchir le genou pendant la pose. Un genou posé à plat donne un strapping qui tire dès que vous pliez la jambe. Maintenez toujours une flexion de 20 à 30 degrés du début à la fin de l'application.
Garder le strapping plus de 6h ou dormir avec. La macération affaiblit l'adhérence, irrite la peau et annule progressivement l'efficacité du maintien. La même vigilance s'applique pour les blessures de la cheville : toute contention articulaire doit être retirée dans les 2h après la fin de l'effort, sans exception.
Strapping ou alternatives : quel choix pour votre genou ?
Le strapping n'est pas toujours la solution la plus adaptée. Selon votre profil et la sévérité de la gêne, une genouillère de maintien ou des bandes de kinésiologie peuvent mieux correspondre à vos besoins. Voici un comparatif pour choisir votre équipement de protection avec discernement :
| Critère | Strapping | Genouillère | K-taping |
|---|---|---|---|
| Maintien | Fort | Modéré | Léger |
| Durée de port | 2h max après effort | Journée entière | 3 à 5 jours |
| Facilité de pose | Apprentissage requis | Très facile | Facile |
| Coût | 5 à 15 € par session | 20 à 80 € (réutilisable) | 10 à 30 € |
| Usage idéal | Instabilité aiguë, sport intense | Douleur chronique légère | Récupération, proprioception |
FAQ : Tout savoir sur le strapping du genou
Combien de temps peut-on garder un strapping au genou ?
La durée recommandée est de 2h maximum après l'effort. Au-delà, l'humidité et la transpiration dégradent l'adhérence des bandes et peuvent provoquer des irritations cutanées, notamment sur les peaux sensibles.
Peut-on dormir avec un strapping de genou ?
Non, c'est fortement déconseillé. La nuit, la compression continue favorise la macération et irrite la peau. Retirez toujours le strapping avant de vous coucher pour préserver votre confort et l'efficacité du maintien.
Quelle différence entre strapping et taping du genou ?
Le strapping assure un maintien mécanique fort grâce à des bandes rigides ou semi-rigides. Le K-taping (ou taping neuromusculaire) stimule les muscles et favorise le drainage lymphatique, sans restreindre l'amplitude de mouvement.
Le strapping du genou est-il remboursé par la Sécurité sociale ?
Non. Le matériel de strapping est considéré comme du consommable non médical et n'est pas pris en charge par l'Assurance maladie. Certaines mutuelles proposent néanmoins un remboursement partiel selon votre contrat.
Faut-il consulter un kiné pour poser un strapping ?
C'est vivement recommandé pour les premières poses. Un kinésithérapeute vous enseigne la technique adaptée à votre morphologie et à votre pathologie. Pensez aussi à soigner votre échauffement avant la course pour compléter efficacement la protection articulaire.
Combien coûte le matériel pour un strapping de genou ?
Comptez entre 5 et 15 euros par session pour les bandes cohésives et le spray adhésif, selon les marques et les quantités achetées en lot.
📚 SOURCES
- Société Française de Médecine du Sport (SFMS) : Protocoles de contention souple en traumatologie sportive (2025)
- Haute Autorité de Santé (HAS) : Indications et contre-indications du strapping articulaire, recommandations de bonnes pratiques (2024)